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D’Antigua à Guatemala city (partie 4) – Une presque sédentarisation d’1 mois…

par | Juin 26, 2022 | Articles, Guatemala | 1 commentaire

Guatemala (partie 4) -D’Antigua à Guatemala city … du 28 mai au 26 juin 2022

 

Objectif : Priorité, le Bac français !!

Nombre de jours : 29

Nombre de kilomètres : 112 km, et de nombreuses heures en taxi dans les embouteillages de la capitale…

Samedi 28 – Aujourd’hui c’est marché à Antigua… fruits et légumes à des prix défiants toutes concurrence. On testera une autre variété de mangues et les fruits de la passion, tout petits ici et plus doux. La journée sera tranquille (on a encore bien mal aux cuisses 😉 entre la finale de la ligue des champions pour Laurent et la rédaction de notre rando au fuego pour moi.

Dimanche 29 – Notre dernière journée à Antigua. Du coup dernière visite de la ville (maintenant que nos cuisses se sont remises un peu de l’ascension de l’Acaténango).On a arrêté de demander aux enfants de venir avec nous, parfois on a juste envie d’être tranquille…

Camille dort encore le matin à l’heure de notre départ et Noé joue au foot sur le terrain des policiers.Nous montons avec Laurent sur une colline, El Cerro de la Cruz, qui surplombe la ville, la vue est splendide. Petit décollage du drone réparé.. Laurent est un peu comme un gosse.
C’est le dimanche de l’assomption, en redescendant de la colline, on peut voir des messes dans chaque église. Nous visiterons les espaces extérieurs d’une l’église franciscaine et la tombe de Hermano (frère) Pedro, canonisé par Jean Paul II, seul saint Guatémaltèque (qui vient des iles Canaries d’ailleurs). On rentrera pour manger. L’après-midi, direction le starbuck pour le wifi (alors clairement celui d’Antigua a un wifi nul), mais ça nous permettra de recharger nos ordinateurs. En saison des pluies, le ciel est gris de chez gris et les panneaux solaires ne donnent pas vraiment, alors l’énergie s’économise au maximum. Il nous arrive souvent de faire tourner le moteur pour pouvoir recharger les ordi (starbuck est une autre possibilité 😉

La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède : Apprenons-en un peu plus sur l’histoire de ce petit pays archi corrompu mais magnifique. L’indépendance du Guatemala et la naissance de la République d’Amérique Centrale. La société coloniale était très hiérarchisée (tout comme au Mexique) au XVIIIe/XIXe. Les espagnols, nés en Europe, détenaient le réel pouvoir. Les Criollos, espagnols nés au Guatemala méprisaient les ladinos (métis espagnol-maya) qui a leur tour exploitaient les Indios (les mayas) qui occupaient le bas de l’échelle. Cette hiérarchie fut remise en cause quand une partie de la population aspira à l’indépendance. Les criollos se révoltèrent avec succès en 1821 devant le refus de la classe dirigeante de leur accorder une progression sociale. Le Guatemala présida alors à la formation des provinces unies d’Amérique centrale, en 1823, avec le Salvador, le Nicaragua, le Honduras et le Costa Rica. Un an plus tard, cette union prit le nom de République Fédérale d’Amérique centrale et perdurera jusqu’en 1840. Ce fut une période bénit pour les criollos, mais aggrava considérablement le sort des Indios Mayas. En effet, la fin de la suprématie espagnole signifiait également la fin des rares mesures de protection qu’on leur accordait. S’ils étaient légalement libres, les mayas étaient en réalité asservis aux grands propriétaires terriens. Intéressant, non ??

Lundi 30 – Dès la fin de l’école, départ pour le lycée Jules Verne. Camille a cours demain matin de 7h30 à 8h30. 1H30 de route qui se passe bien (on connaît la route maintenant!). On arrive tranquillement dans l’impasse devant le lycée qui va nous accueillir pendant quelques jours (voire semaine).
En début d’après midi le consul qui avait rdv au lycée vient nous saluer. Il faut dire qu’on a eu plusieurs échanges mails et whatsapp pour une éventuelle vaccination de Noé.. Comme les règles ont changé entre temps (le Guatemala, début mars, a élargi l’entrée sur son territoire même aux non vaccinés, mais avec un test antigénique), nous n’en avions plus vraiment besoin. Le consul est là pour mettre en place la deuxième dose de vaccination pour les élèves. Du coup, ni une ni deux on demande si Noé peut bénéficier d’une dose. Et voilà, première dose pour Noé vendredi prochain (on tentera même de voir si une deuxième dose est possible, s’il leur en reste).

Mardi 31 – Après le cours de Camille et l’école de Noé, on décide de faire un tour dans le centre de Guatemala city, dans un énorme centre commercial, clairement à destination de la haute classe sociale, Guatémaltèque pour l’anniversaire de Noé. Il trouvera des cartes Pokémon à prix français (mais il est ravi car depuis le Mexique, elles sont inexistantes) . Il sera très raisonnable et décidera de garder le reste de l’argent de son anniversaire pour la réalisation de son futur film (en cours d’écriture).. Noé devient cinéphile. Il se documente beaucoup sur les acteurs, les réalisateurs, leur parcours etc…. En ce moment, on regarde un film presque tous les jours. Du coup, on ne regrette vraiment pas d’avoir investi dans un petit video projecteur !

Du Mercredi 1er au 16 juin – Pas grand-chose cette semaine, on reste dans l’allée entre le lycée et un champs de chayottes, où tous les autocars qui ramè,et les élèves chez eux se garent dans la matinée (ici les cours c’est 7h30/12h30 pour les primaires. On a bossé comme des fous pendant une semaine… on a tous révisé l’oral du bac français (bon sauf Noé). L’oral est le 7 juin à 16h… On était stressés !! Camille tombe sur le seul texte (sur 16 textes quand même!) sur lequel elle ne voulait pas tomber. Mais l’oral se déroule bien et elle rentre au camping car relativement contente et aussi très soulagée que ce soit passé !

Le lendemain, pour faire retomber toutes les tensions et offrir un moment de partage sympa pour l’anniversaire des enfants, nous allons passer l’après-midi dans une sorte de grande salle de jeux avec bowling, mini-golf, kart etc…On passera plus de 3h à jouer. Noé a conduit pour la 1ere fois..et ça ne lui a pas plu.. il préfère le mini golf ! Ce sera une après-midi parfaite pour tous les 4.
Pour cette semaine, la pluie aura raison de nombre de nos allers-retours à Guatemala city. Il faut dire aussi qu’on met près d’une heure pour nous y rendre (en uber) et parfois le double pour rentrer. Tout trajet ici est complexe et prend du temps au regard de la circulation, même aller faire des courses au supermarché à 5km nous prend quasi toute l’après midi. On décide le samedi d’aller dans un centre commercial avec un débit internet de dingue (oakland mall) pour faire le plein de films… On y passera une bonne partie de la journée !

Mardi 14, confiants sur la météo nous voila partis. On prend conscience que tous les musées et jardins sont fermés (nous en connaissons toujours pas la cause). Alors on déambule en se dirigeant vers l’hyper centre quand la pluie (on parle de pluie tropicale..) arrive sans crier gare. On se réfugie sous un pont qui transforme les rigoles d’eau sur le pont en chutes du Niagara, alors on commande une voiture et on file se réfugier au dans l’enceinte du marché.

On adore les marché d’Amérique centrale, coloré, avec des ruelles hyper étroites qui donnent une sensation d’abondance.
On trouve le carré des petites tiendas (boutiques) qui font à manger et on commande du typique, des caldos (sorte de consommé de légume et de viande avec de la viande à coté et les légumes (leur pot-au-feu local). ça réchauffe, parce qu’on est un peu trempés !!

Quand la pluie se calme en début d’après midi, on va voir le zocalo, cette grande place qui existe dans toutes les grandes villes d’Amérique centrale encerclée par les églises et les bâtiments officiels gouvernementaux. Ici la catedral metropolitana, le palacio national de la cultura.

Puis on se perd dans les rues du centre ville. On trouve un perceur/tatoueur, et Camille en profitera pour se faire percer les oreilles, cadeau d’anniversaire de ses 17 ans. On y passera une petite heure, on discute pas mal avec le personnel qui nous en apprend toujours un peu plus sur la vie au Guatemala. Pendant ce temps, les garçons auront réussi à trouver un magasin qui vend des cartes pokémon et à avoir une adresse, partagée par les fans où l’on peut les vendre ou les échanger !!! (Une autre sortie en perspective !). Ensuite, nous faisons un passage à la pharmacie pour acheter le matériel pour nettoyer régulièrement les nouveaux trous d’oreilles de Camille et hop il se remet à pleuvoir ..

on se ré-arrête sous un pont, un peu plus classe cette fois, il s’agit de l’arco del correo (l’arche du courrier) du bâtiment des postes. Drôle que cet arche soit une mini attractions touristique quand on sait que dans ce pays les postes n’existent pas, il y a seulement les compagnies privées comme fedex ou DHL (hyper cher). La pluie tombe à nouveau bien, on reprend un uber pour rentrer !
Les deux jours avant l’écrit passeront hyper vite, il y aura entre temps le 15 juin, l’anniversaire de Laurent, confiné dans le camping car, la pluie ne cessant que par intermittences assez courtes, mais fêté dignement !. Et la mauvaise nouvelle de ce jour, le retroprojeteur tombe en rade… alors que franchement, il marche pas mal avec cette saison des pluies et le fait qu’on ne bouge pas vraiment en ce moment. Nouveau défi, où réparer le restroproj ???
Grosse fête dans le camping car jeudi 16 au soir !! Camille est enfin en vacances, cet écrit s’est bien passé.. les notes sont pour le 5 juillet, les dés sont jetés, il n’y a plus qu’à croiser les doigts !
On a pris contact avec un réparateur (beaucoup de choses se font via whatsapp) et on s’y rend donc pour un diagnostic et une éventuelle réparation. Le réparateur est das la zone 7 (pas vraiment à coté) on mettra plus d’une heure pour y arriver.On lui laisse tout et on décide avec Laurent (les enfants ont préférés rester dans le camping car) d’aller voir la fameuse carte en relief du Guatemala dans un parc à quelques km de là…
A peine arrivés, la pluie nous a rejoint, mais cette carte est impressionnante et nous fait comprendre bien de choses sur ce pays. Tout d’abord la topologie, cette impressionnante chaîne de montagnes/volcans qui fait une barrière naturelle face à l’océan pacifique, on passe de 0m à 3400/3900m avec les volcans Acaténango, Fuego, Agua ou encore Atitlan ! Que toutes les grandes villes (et donc la population) se concentrent dans la chaine de montagne à plus de 1800 m d’altitude et que les routes sont complexes à tracer et à dédoubler pour une circulation plus fluide. On comprend mieux aussi pourquoi les routes ont des pentes extrêmement rudes, parfois à plus de 30 % et que le véhicules, notamment lourds ont vraiment du mal à avancer et génèrent des bouchons de dingues ! Bref, ça explique la complexité des routes du Guatemala que je recommande vivement de faire en sac à dos !
Il est déjà 14h30 quand nous arrivons dans un restaurant assez typique de la senora Pu en plein centre ville. On y mangera délicieusement (mais c’est pas donné quand même),mais surtout on rencontrera un docteur en anthropologie (qui a fait ses études en France à Toulouse), notre serveur, professeur l’université publique Juan Carlos. L’instabilité politique fait qu’ici, les gens ont plusieurs travail qui leur permettent de subvenir à leur besoin quel que soit le climat politique ! On ne sortira du restau qu’à 17H30, après une conversation passionnante sur le Guatemala et les différentes visions des occidentaux sur l’Amérique centrale par rapport à la sienne. Que de rencontres intéressantes dans ce pays qui a été et est encore si torturé politiquement.

La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède: La république fédérale est décriée par les conservateurs (élite dirigeante soutenue par l’église, grands propriétaires terriens). Rafael Carrera, propriétaires terrien engage la guerre contre le Salvador en 1863 et cède le Belize à la Grande Bretagne en échange de la construction d’une route entre Guatemala City et belize city qui ne verra jamais le jour…Par la suite (entre 1870 et 1920), les dirigeants et la classe dirigeante laissèrent les entreprises étrangères obtenir de généreuses concessions et les opposants furent systématiquement censurés, emprisonnés ou exilés… Le plus notable fut Manuel Estrada Cabrera (au pouvoir entre 1898 et 1920) qui laissa entrer dans le pays la compagnie Américaine United Fruit et priva la population de ses droits fondamentaux. Plusieurs manifestations furent mâtée dans un bain de sang par les autorités. Une parenthèse plus pacifique dans le pouvoir s’instaura avec l’élection du philosophe Juan Jose Arévalo entre 1945 et 1951. Il instaura un système national de sécurité sociale, un département des affaires indigène, des infrastructures modernes de santé publique et le droit de vite aux femmes (en 1946). Son successeur, Arbenz, continua et expropria la United fruit des terres inexploitées qui lui avaient été concédées par les gouvernements précédents. Il annonça la redistribution de ces terres aux paysans, mais cela ne pu jamais se faire. En effet, cette annonce (en 1954) alarma Washington et les Etats-Unis (dirigées par Eisenhower) organisèrent (via la CIA) l’invasion du Guatemala par le Honduras. Le président Arbenz fut contraint de démissionner.  Intéressant, non ??

Dimanche arrive, Noé est surexcité.. C’est sa journée où il va faire du business avec ses cartes pokémon !! Nous voilà partis en fin de matinée pour un centre commercial (et oui, encore ! Ici peu de magasin dans les rues (à part dans le centre ville, tout est regroupé dans les centre commerciaux, surtout pour la sécurité).

Nous trouvons le magasin et rencontrons les fans de Pokémon. On nous explique qu’il sera difficile ici de vendre les cartes françaises (celle que Noé a en majorité). Heureusement Noé a également des cartes anglaises, espagnoles et même italiennes (et oui, on est des citoyens du monde ou pas ???En tout et pour tout Noé vendra 6 cartes (dont des françaises) mais ce jour il n’y avait quasi que des joueurs et non pas des collectionneurs et ce ne sont pas les mêmes cartes … bref, On en ressortira avec toutes les infos pour revendre nos cartes sur le net (ce qui marche le mieux) et on sait maintenant qu’il y a une grosse communauté au Costa Rica. Noé en ressort un peu déçu (heureusement, quelques réconforts : il a mangé Mac Do, des fans lui ont offert un poster pokémon, et il se sera acheté un sabre laser !!!..). Nous rentrerons juste avant la pluie !

Du lundi 20 au dimanche 26 – Cette dernière semaine s’écoule tranquillement entre école pour Noé et rédaction de courrier pour les copains (on profite d’une ambassade sympa pour faire parvenir les lettres en France, car ici il n’y a pas de service de courrier), quelques courses. Vendredi, nous avons rdv avc Halim via le net avec qui nous faisons les podcast. Cette fois c’est Camille et Noé qui sont interviewés. Pour cela nous allons au centre de guatemala City dans un Starbuck (chaine de café américaine qui a toujours un bon wifi) pour avoir du wifi et nous y passerons une partie de la journée. A 16h, dans la clinique du médecin, nous avons rdv pour la 2e dose du vaccin de Noé. Nous prenons le temps de discuter de l’histoire du Guatemala avec le médecin. Encore une conversation bien intéressante pour nous, occidentaux, éloignés de cette civilisation guatémaltèque et de la politique menée dans ce pays. Nous reviendrons sous la pluie au camping car.

La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède : Le Président Arbenz fut renversé par un coup d’Etat en 1954. Par la suite, une série de président issu de l’armée, soutenu par les États-Unis, sous forme d’aide financière et de formation à la contre-insurrection. A partir de là, la violence caractérisa la vie politique Guatemaltèque, les réformes agraires furent abolies, le droit de vote fut refusé aux illettrés (soit 75%de la population), la police secrète repris du service et la répression militaire fit parti du quotidien. Dans les années 1960, apparurent les 1ers groupes de guerillas. L’essor rapide de l’industrie dont le bénéfices ne profitaient qu’exclusivement à la classe aisés accentua la pression sociale. L’exode rural vers les villes provoqua provoqua un développement urbain anarchique et l’apparition des bidonvilles (toujours présents aujourd’hui et hébergeant de nombreux habitants de la capitale). Le gouvernement répondit par la violence aux manifestations en commanditant des escadrons de la mort, ouvrant ainsi un cycle d’extrême violence qui durera jusqu’en 1996. Amnesty international estime que 50 000 à 60 000 personnes ont été tuées durant les violences politiques des années 1970. Les communautés mayas rurales qui réclamaient leur indépendance, furent particulièrement touchées, mais les étudiants, les syndiqués, les journalistes et les universitaires étaient tous visés. La situation du Guatamala s’aggrave encore après le tremblement de terre de 1976 qui fit 22 000 victimes et laissa plu d’1 million d’habitants sans toit. La majeure partie de l’aide internationale fut détournée. Intéressant, non ??

Le lendemain, nous devons récupérer le retroprojecteur que le gars n’a pas pu réparer, il faut changer l’intégralité d’un bloc… nous sommes déçus mais on s’y attendait.. affaire à suivre à EL Salvador. Puis nous nous rendons dans le quartier d’artisanat pour trouver de la sciure de bois pour les toilettes sèches.. et nous voilà revenus pour déjeuner au camping car. Dans l’après midi on prépare le camping car pour partir lundi pour El salavador !
Ce soir on débouche une bouteille de procecco pour mon anniversaire et la soirée se répartira entre jeux et films.
Notre dernier jour au Guatemala se fera dans le camping car sous la pluie battante… décidément, il est temps qu’on s’en aille !

1 Commentaire

  1. mireille bellet

    J’ai bien aimé la description de ce quotidien et heureuse de partager.
    Eh bien ce « sur place » à Guatemala City vous aura permis par des rencontres passionnantes de connaître les méandres de la politique de ce pays et les difficultés pour ses habitants. Bisous

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